école des beaux-arts de sète/école

le lieu                                 

Une école des beaux-arts… lieu d’apprentissage, d’expériences, de recherches, de réflexions, de débats, de transmission. C’est une demeure, aussi, habitée par les arts depuis son origine . Une large volée d’escalier de bois solide, usée par tant de passages, aux craquements qui résonnent, une verrière épuisée dont les carreaux mauves et verts résistent malgré tout après plus d’un siècle de tempêtes et de trafic, des portes qui claquent, il y en a plus de soixante, rampes de bois aussi lisses que ces fétiches que l’on caresse, parquets lourds et carreaux de ciment foulés par ces innombrables élèves, sans doute y en a-t-il eu plus de quinze mille depuis que cette école en est une, ces odeurs de bois, de peinture, de vernis, de cartonnage, d’essences variées, s’ajoutent aux humeurs quotidiennes, surtout les mercredis, envahis de gamins aux joues rouges, appliqués ou jouant au bord des chahuts. Plateaux de tables maculés de taches colorées ou de dessins automatiques, de débords de pages, d’essais inconscients, ces plateaux deviennent des mondes de couleurs, de figures, sans cesse recouverts par de mécaniques repentirs. Ces murs épais et solides en pierre de taille en ont vu, su, entendu depuis Maillac, tailleur de pierre à Mèze au début du 19ème siècle. Et ces voix qui résonnent, même quand il n’y a plus personne.

Il faut ici, et sans doute beaucoup plus que dans bien d’autres écoles, concilier et réunir la joie de la découverte pour de nombreux enfants et adolescents, le désir d’art qui motive chacun des ateliers adultes, et l’engagement rigoureux pour un art contemporain nécessaire aux grandes écoles. Ce sont trois façons d’aborder les questions de l’art, trois mondes différents et pourtant tendus vers un même objectif d’expression individuelle, au plus profond de chacun de soi. L’osmose nécessaire entre ces trois mondes accompagne ainsi sur les chemins de création, profanes, amateurs et futurs artistes vers des objectifs d’étonnement et de dépassement de soi, ou plutôt dépassement de ses craintes, doutes, et autres rigidités adversaires des choses de l’art. Chaque année verra ainsi ses épiphanies remarquables inscrites confusément dans les mémoires de cette maison.

Enseigner l’art. Trouble programme, qui soulève depuis la nuit des temps des questions auxquelles aucun pédagogue n’a trouvé de réponse et encore moins de recette. Il s’agit plutôt que d’enseigner, d’accompagner ce désir d’art, d’offrir aux élèves des perspectives insoupçonnées, les moyens d’avancer dans l’idée qu’ils se font de ce qu’ils cherchent à exprimer, et, parallèlement, baliser de repères historiques le chemin d’une recherche personnelle. Historique parce que l’art a ceci de singulier qu’il accompagne l’homme depuis ses origines, par conséquent les techniques autant que les transgressions salutaires, les écueils, les inspirations jalonnent l’histoire de l’art et pourraient être profitable à l’artiste d’aujourd’hui.

Quand bien même l’Histoire de l’art ne serait, malgré elle, qu’une étrange fiction en perpétuelle remise en cause, un artiste contemporain ne peut l’être que parce qu’il possède une connaissance de ce que d’autres artistes avant lui ont exploré. Il ne s’agit pas là d’une évolution à proprement parler mais plutôt d’un champ de recherches qui ne cesse de s’ouvrir, comme un chantier permanent et prolifique qui se développerait d’autant plus que de nouveaux artistes s’y attèlent. C’est schématique, bien sûr, mais quoiqu’on en dise, parler de l’art sera toujours schématique, ontologique. Sans vouloir gloser plus avant, il s’agit pour celui qui le désire qu’il puisse s’exprimer librement selon lui sans pour autant reproduire inconsidérément des formalismes passés. Ce serait là une définition de ce qu’est simplement l’art contemporain. Il peut s’exprimer, libre, avec l’éventail aujourd’hui grandissant des moyens offerts aux arts plastiques : de la peinture aux couleurs numériques, de l’image fixe à l’image en mouvement, de la gravure à l’imprimante… les médiums ne cessent de se démultiplier au profit, finalement, de la singularité de chacun. Ensuite, et on y coupera pas, certains trouvent des solutions originales, certains sont, comme ont dit, doués. Et ce dernier point échappe aux ressorts d’un enseignement. S’il suffisait de marteler des crânes pour faire surgir la bosse de l’art, nous serions tous cabossés, tous artistes.
Ce n’est pas le cas.

Une école d’art est donc bien cet endroit d’expression, d’apprentissage, d’expériences, de liberté aussi. Là où l’art trouve un écho, loin de dogmes et de démonstrations, au plus près de chacun, utile, nécessaire à la vie de la cité, vers ce en quoi l’art est fait : d’ateliers. Et ce pour quoi l’art est fait étymologiquement : savoir faire, d’une part et façon d’être, façon d’agir d’autre part.
Philippe Saulle

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l'équipe

Enseignants
Sylvette Ardoino : arts plastiques, enfants/adolescents
www.sylvetteardoino.com
Karine Barrandon : infographie, PAO, classe préparatoire
Martine Beluet : dessin, couleur, photo numérique, enfants/adolescents
Gilles Bingisser : ateliers d'écritures classe préparatoire(PEEL), adultes (à la petite semaine)
www.gillesbingisser.tumblr.com
Armelle Caron : dessin, classe préparatoire http://www.armellecaron.fr/art/index.php
Enna Chaton : photographie, vidéo, classe préparatoire
http://ennachaton.fr/
http://ennachaton.canalblog.com
Marie-Claire Esposito : céramique, modelage, adultes
Vanessa Notley : anglais, classe préparatoire
arts plastiques (en anglais) enfants
http://vanessanotleybeijing.weebly.com/
Claire Giordano : céramique, volume, enfants
http://www.clairegiordano.com/
Sylvie Lagnier : culture générale, histoire de l'art, classe préparatoire
Mickaël Roy culture générale, histoire de l'art, classe préparatoire
Suzy Lelièvre : volume, logiciel 3D classe préparatoire
http://suzylelievre.fr
Vanessa Notley : arts plastiques, enfants http://vanessanotleybeijing.weebly.com/
Laurent Perbos : dessin
volume, sculpture, modelage adultes
Joël Renard : peinture, couleur, volume objet, classe préparatoire
http://joelrenard.com/
Anna Sobierajski : peinture, couleur, dessin, gravure, adultes
http://anna-novika.blogs.midilibre.com/

Administration
France Berthod : adjointe administrative
Karine Barrandon : communication
Gilles Bingisser : bibliothécaire
Delphine Bertrand : agent technique
Laurent Magliocca : régie technique
Philippe Saulle : direction

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plan d'accès

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contacts

Ecole des beaux-arts de Sète
17 Rue Louis Ramond - 34200 Sète
Tél. 04 99 04 76 10 - 04 99 04 76 09
ecolebeauxarts@ville-sete.fr

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historique

«origine»
Le domaine Maillac (1827 - 1904),
Villa Erialc (1904 -1967)
et Ecole des beaux-arts de Sète (depuis 1970)
UNE DEMEURE AU DESTIN ARTISTIQUE

L’Ecole des beaux-arts de Sète jouit aujourd’hui d’une bonne réputation auprès de la population sétoise et régionale amateur d’art et des écoles supérieures d’art, grâce au travail important mené sur le terrain par l’équipe enseignante et la précédente direction. L’école jouit aussi d’une très bonne image au plan national par les projets de résidences et d’édition menés de 1987 à 2006. Mais elle bénéficie aussi d’une bonne notoriété sur le plan historique grâce aux passages d’artistes, de 1970 à 1987, aujourd’hui célèbres.
Ces trois directions successives ont façonné cette école tout en étant très différentes et tout à fait complémentaires pour donner durablement à l’Ecole des beaux-arts de Sète de solides fondations artistiques ainsi qu’une très bonne réputation dans le réseau culturel national et régional.

Le bâtiment de l’Ecole des beaux-arts de Sète, construit vers 1830, a eu une destinée particulièrement liée aux artistes et aux Beaux-arts. Avant de devenir une école des Beaux Arts, elle fut propriété de François Léonce Bonjean, homme de goût, puis de l’épouse de l’artiste Antonin Marie Chartinière*, puis richement décorée et aménagée par la famille Chauvain dès 1904, proche d’artistes tels que François Desnoyer, et depuis 1970 a formé des artistes de renommée internationale (Di Rosa, Combas, Cervera…etc.) et accueilli en résidence des artistes et personnalités tout autant renommés.
Aussi loin qu’il est possible de remonter, nous trouvons un acte de vente du 18 juin 1827. Jacques Maillac, tailleur de pierre à Mèze, vend pour 500 francs un « vaccant » et « le dit immeuble » Maillac à François Léonce Bonjean. Ce dernier revendra « une grande maison d’habitation avec jardin d’agrément, terrasses, citerne et dépendances » pour 37 000 francs à Monseur Urbain Grange le 28 juin 1870. Urbain Grange, cousin germain de Madame Figaret-Chatinière, décédera en 1879. Son épouse Joséphine Agathe née Pioch lèguera ce bien à cette cousine le 30 août 1898. Madame Chatinière, épouse d’Antonin Marie Chatinière, artiste peintre, revend la demeure et le parc pour 25 000 Francs à Marius Chauvain le 12 avril 1904. La Ville de Sète en fait l’acquisition pour 250 000 francs en 1964. Elle devient Ecole municipale des beaux-arts en 1970.
La demeure est représentée, bien identifiable, dans la toile d’Antonin Marie Chatinière : « Souvenir de Mr et Mme Grange » (Musée Paul Valéry). Le libellé de la peinture est demandé par Madame Chatinière, elle-même au Musée pour apposer une plaque de cuivre sur le cadre. Elle écrit : « Libellé de la plaque de cuivre apposée sur le tableau de Maillac offert à la mairie : En 1871 les Urbain Grangé reçoivent les Chatinière à Maillac (St Clair) ». Mme A. Chatinière fait don de cette toile à la ville de Sète en avril 1933.
Sur la toile de Chatinière, « Souvenir de Mr et Mme Grange », la demeure du couple Urbain-Granger, propriété Maillac, apparaît luxueuse, agrémentée d’un parc à statuaire, vases d’Anduze, bassin, points de vue, allées plantées, orangers, etc… Mais c’est bien François Léonce Bonjean, propriétaire de ce domaine de 1827 à 1870 qui a construit la demeure et réalisé ce parc étant donné que les Urbain Grange ne sont propriétaire du domaine que depuis moins d’un an. Sur la toile de AM Chatinière, Monsieur Urbain Grange reçoit sa cousine germaine Madame Chatinière…

A la suite du décès de Monsieur Urbain Grange (1879), Madame Figaret-Chatinière finit par hériter du bien en 1898. Elle y vit avec son mari durant six années et vendra la demeure et le parc le 12 avril 1904 à Marius Chauvain, vermouthier sétois, devant maître Jean-Jacques Hilaire Vivarez, notaire.
Marius Chauvain, homme de goût, diplômé de l’université de Heidelberg, transforme complètement la demeure : travaux de toiture, ajouts de bâtiments latéraux, large escalier en bois, grande verrière à vitraux, riches décorations, cuir de Cordoue, manteaux de cheminée en onyx, peintures et stucs en plafonds, marqueteries, boiseries, ferronneries. Les lettres C et S entrelacées dans les décorations signifient Chauvain / Sinot. Il fait peindre aussi les soubassements de toitures et chevêtres, d’un bleu particulier, dénommé ensuite « bleu chauvain », dont il reste aujourd’hui quelques traces. Les travaux durent trois ans, menés par l’architecte Roziès et l’entreprise Delmas.
A la fin des travaux en 1907, la demeure deviendra la « Villa Erialc », du prénom de Claire Sinot. Inscrit en fer forgé sur l’ancien portail démonté en 2002 pour des raisons de travaux du Lycée Paul Valéry, voisin. La villa sera cédée à la Ville de Sète en 1967 qui en fait une école des beaux-arts. Dirigée par Madame Eliane Beaupuy-Manciet jusqu’en 1987, puis par Noëlle Tissier jusqu’en 1997 qui adjoindra au projet d’école d’art une résidence d’artistes internationale ainsi qu’une maison d’édition sous le patronyme « Villa Saint Clair », puis par Jacques Fournel, jusqu’en 2006, et par Murielle Lepage jusqu’en mai 2010.
Le vaste parc a été divisé pour vendre des parcelles. Bernard Chauvain, petit-fils de Marius, décrit sur sa partie Nord Nord-Est, une grande orangerie, avec terrasse et toit de chaume, disparue sans doute depuis ces morcellements. Un peu plus haut, on devine encore dans les frondaisons d’anciens bancs de pierre, restés ainsi dans la propriété aujourd’hui voisine. Une demande d’inscription à l’inventaire du patrimoine avait été initiée auprès de la Drac LR en 1997 pour ce parc. Danielle Orgias, jardinière et historienne des jardins 19ème avait entamé une restauration (de 1995 à 1998) pour l’ouvrir au public et rechercher son dessin initial et son histoire.
Il est aujourd’hui toujours en attente de réhabilitation et sert accessoirement à accueillir des algécos pour des salles de cours de secours pour le lycée Paul Valéry, jusqu’à la fin des travaux en 2012…
Enfin, « La grande verrière aux trois femmes », puissante peinture réalisée en 1960 par François Desnoyer (Musée Paul Valéry) a sans aucun doute été peinte dans la verrière de la Villa Erialc. L’analyse de la toile le démontre sans équivoque.
Philippe Saulle

*Antonin-Marie Chatinière
Né à Montpellier le 29 avril 1828, il meurt le 6 décembre 1916 à Sète, époux de Agathe Figaret, fils de Mathieu Chatinière et Elisa Granier. Dessinateur lithographe et peintre occasionnel. Il est élève à l’école des Beaux Arts de Montpellier. Son professeur, Charles Paulin François Matet (ou Mattet, 1791 – 1870, Montpellier) est aussi conservateur du Musée Fabre. Il travaille ensuite chez le lithographe Mansard. Il fut surtout actif en dessin, gravure, lithographie. Le Musée Paul Valery possède deux toiles : « Retour des champs », (1891 ?)et « Souvenir de Mr et Mme Grange », 1871. Il existe un buste de A.M. Chatinière au Musée Paul Valéry exécuté par Aimé Octobre, grand Prix de Rome.

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